Publié par : odargouge | 1 septembre 2012

Vers un droit universel des sciences et des techniques

Vers un droit universel des sciences et des techniques

Ryuichi Ida, expert en bioéthique, professeur honoraire à l’université de Kyoto, ancien président du Comité international de bioéthique de l’UNESCO (1998-2002)

Ryuichi Ida, expert en bioéthique, a défini la bioéthique comme un ensemble de normes sociales concernant la science et la technologie de la vie et de la santé. En ce sens, elle est critère d’évaluation, s’établit sur la base des valeurs fondamentales de la société, a pour rôle de promouvoir la science – une science dans la société et pour la société – l’éthique devant répondre aux exigences du consensus démocratique.
La science est une des principales activités intellectuelles de l’homme. A ce titre, la liberté de la recherche appartient à la liberté de pensée, elle-même noyau dur des droits et des libertés fondamentales. C’est pourquoi on ne saurait la limiter de manière abusive. Cependant comment la contrôler ? Autant la nécessité de contrôle est une exigence, autant ses moyens sont difficiles à déterminer. Si l’éthique est utilisée pour réguler le développement de la science, il faut bien constater que normes éthiques ne riment pas avec contrôle juridique ou instrument législatif. Elles prennent souvent la forme de directives non-contraignantes, étant entendu que les normes éthiques sont aussi diverses que les cultures, la diversité culturelle étant reconnue par la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme de l’UNESCO de 2005, tout comme le principe de dignité humaine. Ces deux valeurs sont-elles pour autant des normes valables pour tous – auquel cas on pourrait concevoir un droit universel – et qu’on pourrait appliquer à des sujets comme le clonage humain reproductif ou le statut de l’embryon ? Sur ce point, on ne peut répondre par oui ou par non, le débat éthique devant être toujours privilégié.
En matière de bioéthique, il est surtout important d’appliquer les normes éthiques à des cas pratiques, ambition du comité international de bioéthique de l’UNESCO, qui a entamé un travail d’élaboration de normes. Pour l’orateur, les nouvelles sciences et technologies ont besoin de moyens de reconnaissance de la part de la société. Aussi, estime-t-il indispensable un droit universel de bioéthique dans un monde divers, droit qui doit être un instrument-cadre que chaque communauté nationale doit pouvoir adapter à son système de valeur, sans qu’il ait un caractère juridique contraignant. L’éthique, et c’est le point essentiel, est une norme moins juridique que sociale, un « progrès humain dans l’harmonie », pour reprendre la devise de l’exposition universelle d’Osaka de 1970.

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